PhiloCité | Auto-défense intellectuelle
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Auto-défense intellectuelle

 

Que veut dire en réalité « moderniser les services publics », « dégraisser » une entreprise ou « remercier » quelqu’un ? On parle d’une « bavure policière » ou d’une « boulette », d’une « frappe chirurgicale » pour atténuer des faits graves mais on parle de « prise d’otage », de « lynchage » pour alourdir le trait. Quelles réalités sont ainsi adoucies, tandis que d’autres sont dramatisées par le choix des mots ?

Notre cerveau est un territoire occupé, colonisé, et il l’est notamment par des puissances qui manipulent un langage qui est bien loin d’être neutre ou innocent. Mais si on s’en donne les moyens, il est possible de se protéger notamment en exerçant son attention et sa réflexion sur l’usage trompeur des mots du pouvoir.

Honnêteté intellectuelle, refus des pièges de la parole facile, vigilance vis-à-vis des mots creux, du jargon, de la langue de bois, hygiène critique : autant de raisons d’apprendre à nous défendre contre les mots de l’idéologie ambiante, de recréer des lieux où les mots ont du sens, du poids, et où la parole et la réflexion sont un peu plus libres !

 

  • Exercices d’écriture
  • Petit abécédaire des mots économiques du pouvoir
L’économie peut-elle être autre chose que politique ? Et si elle est politique, est-elle auscrable-affichetre chose qu’un terrain d’affrontement lexical, de jeux de représentations, de récits et de fables sur le réel, d’hier et d’aujourd’hui, sur l’intérêt général et le meilleur des mondes à construire ? Notions donc toutes subjectives. Affrontements de lectures et donc de manières de nommer, définir, articuler les éléments du réel en vue de faire entendre et admettre la légitimation de positions de pouvoir ou, au contraire, la légitimation de forces sociales qui les contestent.

 

La lutte lexicale est très vive depuis les années ’80, moment d’un retour fulgurant aux affaires des « néo-libéraux », que d’autres, bagarre de mots, tentaient d’appeler sans arriver à l’imposer les  ultra libéraux »… Cette bagarre langagière, ceux-ci l’ont depuis lors, et chaque jour qui passe le confirme, largement emportée.

 

A ceux qui ne sont pas encore tout à fait gagnés par ce vocabulaire de lancer la contre-offensive, non pour dire que les mots du pouvoir seraient l’expression d’une falsification manipulatrice du réel, mais pour affirmer qu’ils sont bien les vecteurs de représentations qui ne sont pas neutres, et que des contre-récits, un contre-langage peuvent être inventés, ouvrant à ceux que ce monde n’entend pas de se faire entendre, dans leurs propres mots, traduisant ainsi leur vision singulière et collective de ce qui se trame entre nous. Une vision, des récits, qui soient à leur tour et, pour eux, libérateurs.